Vendredi 8 juin

Hier quelques retouches mais j'ai dû attendre pour la photo.

07det_s.jpg

07s.jpg


Jeudi 7 juin

Hier soir j'ai choisi le titre du tableau
Et si j'ai commencé avec une poésie,
Alors sans hésiter, en rimes je finis;
Galatée, c'est son nom, le lait teinte sa peau.

Galatée

Le front ceint de fucus et de corail amer,
Parmi la floraison des glauques madrépores,
Galatée apparaît sous les voûtes sonores
De la grotte, qu'emplit le rire de la Mer.

Des coquilles de nacre et des algues charnues
Se meuvent lentement autour d'elle, et l'azur
De ses grands yeux contemple au fond de l'antre obscur
Des coins d'ombre hantés de frêles formes nues :

Divinités du gouffre, Ames ou fleurs de chair
Autour de Galatée écloses, foule amie
Veillant et sur la Perle et la Nymphe endormie,

Tandis qu'entre les rocs glisse et luit, morne éclair
De convoitise en rut, la prunelle ennemie
Du Cyclope, batteur et ciseleur de fer.

Jean LORRAIN (1855-1906)


Mercredi 6 juin

J'attends avant de signer ...

Pour le titre : Amphitrite ou Galatée ?

Les deux sont des Néréides mais je penche plutôt pour Galatée, même s'il n'y a pas de cyclope dans le tableau, Galatée signifiant « à la peau blanche comme le lait ».

06s.jpg


Mardi 5 juin

Bon, le blanc iridescent ne donne grand chose, j'ai dû le booster avec du blanc de titane.
Dans l'élan j'ai renforcé les ombres.
J'ai repris la chevelure ; on verra dans les retouches finales.
Comme souvent, la photo est assez mauvaise et ne permet pas de bien voir l'évolution par rapport à l'étape précédente.

05s.jpg


Lundi 4 juin

Aujourd'hui, travail sur le personnage : reprise des détails du visage avec la loupe et un pose d'un glacis de blanc-rose-gris pour remonter les valeurs les plus claires.
Comme toujours à ce niveau, j'ai utilisé du blanc titane-zinc qui devient transparent en séchant si bien que l'éclat retombe au bout d'une heure.
Néanmoins, je préfère avoir à y retourner qu'utiliser du blanc de titane qui lui est très opaque et "blanchit" en séchant donnant un aspect plâteux qui peut avoir de l'intérêt pour un effet de brume mais pas pour donner un éclat transparent.
Je vais tenter l'expérience du blanc iridescent pour le prochain glacis. Si ça marche, je l'utiliserai aussi pour la traîne.

04s.jpg
04dets.jpg


Dimanche 3 juin

La photo ne rend que très peu les changements : en réalité tout le bas du tableau est recouvert d'un glacis bleu plus sombre.
La lumière sur la partie gauche annule complètement la transparence du glacis si bien qu'il semble beaucoup plus clair à gauche qu'à droite ; en fait, les valeurs sont les mêmes de chaque côté du tableau.

03s.jpg


Samedi 2 juin

La projet avance malgré la chaleur qui est devenue difficile à supporter.
Les éléments sont presque tous en place mais avant d'attaquer la traîne de la sirène, je dois encore assombrir la partie basse ainsi que la demoiselle.
Sans parler de tous les détails à préciser qui vont du visage au banc de poissons en passant par l'écume en surface.

02s.jpg


Mardi 29 mai

Après deux jours de travail, je peux mettre une petite photo...

Je n'ai pas l'habitude de travailler avec des couleurs aussi vives mais faut c'qui faut !

01s.jpg


Samedi 26 mai

« Un voyage de mille lieues commence toujours par un premier pas. »

Bon, je ne suis pas Lao-Tseu mais même un tableau de 1,16 m par 73 cm commence toujours par un trait de crayon. Je l'ai donc fait aujourd'hui :-)

Bon, mis à part la nymphe, on ne voit pas grand chose sur cette esquisse.
En même temps, il ne faut pas qu'on la voit trop sinon on la verra encore quand le tableau sera fini.
Pour la sirène, je n'ai pas pu résister au désir de la détailler, au crayon pour commencer.
Le modèle s'appelle Ariel, c'est prédestiné.
Comme elle mesure 1,78 m, je n'ai pas eu besoin de l'allonger pour lui donner une ligne et qu'elle morde à l'hameçon ...

Je vous laisse imaginer la faune et la flore qui l'entoure, le bleu dominera :-)

00s.jpg


Mercredi 23 mai

Pour inaugurer mon nouveau projet, je vous propose un poème d'Albert SAMAIN :

Les sirènes

Les Sirènes chantaient... Là-bas, vers les îlots,
Une harpe d'amour soupirait, infinie ;
Les flots voluptueux ruisselaient d'harmonie
Et des larmes montaient aux yeux des matelots.

Les Sirènes chantaient... Là-bas, vers les rochers,
Une haleine de fleurs alanguissait les voiles ;
Et le ciel reflété dans les flots pleins d'étoiles
Versait tout son azur en l'âme des nochers,

Les Sirènes chantaient... Plus tendres à présent,
Leurs voix d'amour pleuraient des larmes dans la brise,
Et c'était une extase où le cœur plein se brise,
Comme un fruit mûr qui s'ouvre au soir d'un jour pesant !

Vers les lointains, fleuris de jardins vaporeux,
Le vaisseau s'en allait, enveloppé de rêves ;
Et là-bas - visions - sur l'or pâle des grèves
Ondulaient vaguement des torses amoureux.

Diaphanes blancheurs dans la nuit émergeant,
Les Sirènes venaient, lentes, tordant leurs queues
Souples, et sous la lune, au long des vagues bleues,
Roulaient et déroulaient leurs volutes d'argent.

Les nacres de leurs chairs sous un liquide émail
Chatoyaient, ruisselant de perles cristallines,
Et leurs seins nus, cambrant leurs rondeurs opalines,
Tendaient lascivement des pointes de corail.

Leurs bras nus suppliants s'ouvraient, immaculés ;
Leurs cheveux blonds flottaient, emmêlés d'algues vertes,
Et, le col renversé, les narines ouvertes,
Elles offraient le ciel dans leurs yeux étoilés !...

Des lyres se mouraient dans l'air harmonieux ;
Suprême, une langueur s'exhalait des calices,
Et les marins pâmés sentaient, lentes délices,
Des velours de baisers se poser sur leurs yeux...

Jusqu'au bout, aux mortels condamnés par le sort,
Chœur fatal et divin, elles faisaient cortège ;
Et, doucement captif entre leurs bras de neige,
Le vaisseau descendait, radieux, dans la mort !

La nuit tiède embaumait...Là-bas, vers les îlots,
Une harpe d'amour soupirait, infinie ;
Et la mer, déroulant ses vagues d'harmonie,
Étendait son linceul bleu sur les matelots.

Les Sirènes chantaient... Mais le temps est passé
Des beaux trépas cueillis en les Syrtes sereines,
Où l'on pouvait mourir aux lèvres des Sirènes,
Et pour jamais dormir sur son rêve enlacé.